Le MPLA terrasse l’UNITA aux législatives
Angola : Le parti au pouvoir est sorti vainqueur du premier scrutin organisé depuis la guerre civile.
Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) a remporté les élections législatives qui se sont déroulées vendredi et samedi avec plus de 80 % des suffrages. Un résultat qui terrasse la principale force d’opposition, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) mais n’est pas totalement surprenant à moins d’avoir une vision « occidentalo-centrée » des réalités politiques mondiales en général, africaines en particulier, ce qui est malheureusement le cas de la presse européenne.
Ce scrutin parlementaire est le premier organisé depuis la fin de la guerre civile, en 2002, qui avait opposé le MPLA, au pouvoir depuis l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975, et l’UNITA, mouvement dirigé pendant très longtemps par le peu recommandable Jonas Savimbi, avide de diamants, homme lige des occidentaux qui le considéraient comme un « combattant de la liberté » puisque se trouvant dans le bon camp, armé et entraîné par les racistes de Pretoria (1). Les Angolais, eux, n’ont pas la mémoire courte. Ils ont sanctionné lourdement l’UNITA. C’est particulièrement vrai dans les provinces où régnait cette organisation dans le centre du pays : Bié, Huambo et Benguela, qui ont voté pour le MPLA. Là, les populations ont longtemps subi le joug des sbires de Savimbi et se sont trouvées à l’écart de toute évolution. En 1992, des élections de même type s’étaient déroulées. Elles devaient marquer la fin de la guerre civile à l’occasion d’une trêve et l’écriture d’une nouvelle page dans l’histoire de l’Angola, basée sur une réconciliation. Mais les rebelles de l’UNITA avaient repris les armes dès le soir du premier tour, au vu de leur défaite évidente. Aujourd’hui la situation est différente. Défaite les armes à la main l’UNITA ne peut plus faire le coup de feu. Ce qui ne l’empêche pas de contester le scrutin.
Isaias Samakuva, principal dirigeant du parti d’opposition, a affirmé que des électeurs avaient été « contraints de voter pour un parti en particulier. Je me demande comment cette élection était libre ». Il avait déjà dénoncé une série de défaillances lors du scrutin, évoquant des retards dans l’ouverture de certains bureaux de vote et des lacunes dans le contrôle de l’identité d’électeurs. Les élections, prévues vendredi, ont été prolongées jusqu’à samedi en raison d’importants retards dans la province de Luanda, où sont inscrits un cinquième des 8,3 millions d’électeurs angolais. Le gouvernement, s’il a admis l’existence de problèmes administratifs dans
certaines régions, a réfuté toute manipulation du scrutin. Quant aux observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne, ils se gardent bien de crier à la fraude, même si, dans leur rôle qu’ils veulent arbitral, ils observent des réserves.
Reste que pour le MPLA, où s’expriment des avis divergents, l’ampleur de la victoire est à double tranchant. Les deux tiers des 16 millions d’Angolais vivent avec moins de deux dollars par jour, dans un pays qui dispute au Nigeria la place de premier producteur de pétrole d’Afrique et devrait enregistrer en 2008 une croissance supérieure à 20 %. « Nous devons réfléchir très attentivement aux attentes que cette victoire sans appel implique (…). Le peuple angolais nous a placés dans une position où nous ne pourrons pas nous permettre de le décevoir », a insisté le porte-parole du parti pour la province de Luanda, Manuel Fragata de Morais.
(1) Lire entre autres l’Humanité du 17 juillet 1999, du 16 août 2000 et du 3 août 2002.
Pierre BARBANCEY dans l'Humanité du 9 septembre 2008
Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) a remporté les élections législatives qui se sont déroulées vendredi et samedi avec plus de 80 % des suffrages. Un résultat qui terrasse la principale force d’opposition, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) mais n’est pas totalement surprenant à moins d’avoir une vision « occidentalo-centrée » des réalités politiques mondiales en général, africaines en particulier, ce qui est malheureusement le cas de la presse européenne.
Ce scrutin parlementaire est le premier organisé depuis la fin de la guerre civile, en 2002, qui avait opposé le MPLA, au pouvoir depuis l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975, et l’UNITA, mouvement dirigé pendant très longtemps par le peu recommandable Jonas Savimbi, avide de diamants, homme lige des occidentaux qui le considéraient comme un « combattant de la liberté » puisque se trouvant dans le bon camp, armé et entraîné par les racistes de Pretoria (1). Les Angolais, eux, n’ont pas la mémoire courte. Ils ont sanctionné lourdement l’UNITA. C’est particulièrement vrai dans les provinces où régnait cette organisation dans le centre du pays : Bié, Huambo et Benguela, qui ont voté pour le MPLA. Là, les populations ont longtemps subi le joug des sbires de Savimbi et se sont trouvées à l’écart de toute évolution. En 1992, des élections de même type s’étaient déroulées. Elles devaient marquer la fin de la guerre civile à l’occasion d’une trêve et l’écriture d’une nouvelle page dans l’histoire de l’Angola, basée sur une réconciliation. Mais les rebelles de l’UNITA avaient repris les armes dès le soir du premier tour, au vu de leur défaite évidente. Aujourd’hui la situation est différente. Défaite les armes à la main l’UNITA ne peut plus faire le coup de feu. Ce qui ne l’empêche pas de contester le scrutin.
Isaias Samakuva, principal dirigeant du parti d’opposition, a affirmé que des électeurs avaient été « contraints de voter pour un parti en particulier. Je me demande comment cette élection était libre ». Il avait déjà dénoncé une série de défaillances lors du scrutin, évoquant des retards dans l’ouverture de certains bureaux de vote et des lacunes dans le contrôle de l’identité d’électeurs. Les élections, prévues vendredi, ont été prolongées jusqu’à samedi en raison d’importants retards dans la province de Luanda, où sont inscrits un cinquième des 8,3 millions d’électeurs angolais. Le gouvernement, s’il a admis l’existence de problèmes administratifs dans
certaines régions, a réfuté toute manipulation du scrutin. Quant aux observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne, ils se gardent bien de crier à la fraude, même si, dans leur rôle qu’ils veulent arbitral, ils observent des réserves.
Reste que pour le MPLA, où s’expriment des avis divergents, l’ampleur de la victoire est à double tranchant. Les deux tiers des 16 millions d’Angolais vivent avec moins de deux dollars par jour, dans un pays qui dispute au Nigeria la place de premier producteur de pétrole d’Afrique et devrait enregistrer en 2008 une croissance supérieure à 20 %. « Nous devons réfléchir très attentivement aux attentes que cette victoire sans appel implique (…). Le peuple angolais nous a placés dans une position où nous ne pourrons pas nous permettre de le décevoir », a insisté le porte-parole du parti pour la province de Luanda, Manuel Fragata de Morais.
(1) Lire entre autres l’Humanité du 17 juillet 1999, du 16 août 2000 et du 3 août 2002.
Pierre BARBANCEY dans l'Humanité du 9 septembre 2008
Publicité