La pression monte contre l’accord UNEDIC
Assurance chômage : Après la CGT, FO choisit aussi de ne pas signer le projet de convention. La CFDT se prononce aujourd’hui.
Malgré un audacieux chantage au financement du paritarisme révélé la semaine dernière par le Canard enchaîné (lire l’Humanité du 2 janvier), malgré les efforts de François Fillon lui-même qui a reçu mardi François Chérèque et Jean-Claude Mailly afin d’évoquer les sujets d’actualité en général et l’accord sur l’assurance chômage en particulier, le projet d’accord UNEDIC réduisant les durées d’indemnisation d’un nombre non négligeable de chômeurs et octroyant au patronat sa précieuse baisse des cotisations gît au bord du gouffre, à un doigt du précipice. Alors que la CFDT, candidate déclarée à la signature mais à la condition de ne pas être seule, doit arrêter ce jeudi sa position officielle, la CGT a décidé, mardi, de ne pas ratifier cette « convention déséquilibrée » et, hier, le bureau confédéral de FO, réputée vouloir depuis plusieurs années revenir dans le « jeu contractuel », a adopté, « à l’unanimité », une attitude similaire. Pour Maurad Rabhi, chef de file de la délégation CGT dans ces négociations, « si la convention fait entrer un certain nombre de personnes dans l’indemnisation, elle va aussi provoquer le basculement de milliers de demandeurs d’emploi vers les minima sociaux ».
Dans son communiqué, FO considère qu’« il n’est pas admissible, qui plus est en pleine période de crise, de déshabiller Pierre pour habiller Paul ». La confédération syndicale dirigée par Jean-Claude Mailly pointe, derrière l’abaissement de six à quatre mois de la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir droit aux allocations, des « dispositifs nouveaux fortement réducteurs de droits » : « des dizaines de milliers de chômeurs de l’actuelle filière 3 (23 mois d’indemnisation pour 16 mois de cotisations) ou de plus de cinquante ans risquent de voir leur durée d’indemnisation fortement réduite dans un contexte de chômage croissant » ; « il n’y a pas de revalorisation des allocations » ; « les jeunes de moins de vingt-cinq ans ne bénéficieront pas d’une prime forfaitaire comme cela devait être le cas » ; « il n’y a pas pour les salariés qui ont plusieurs employeurs de prise en compte de toutes les périodes d’affiliation » ; et enfin « il n’y a pas de système de cotisation tenant compte du taux de précarité ». Plus grave encore aux yeux de FO : « Dans le contexte de crise économique et sociale aiguë qui se traduit par une augmentation du chômage et de la durée de chômage, il est inacceptable de prévoir de manière quasi automatique une baisse des cotisations. »
Thomas LEMAHIEU dans l'Humanité du 8 décembre 2009
Malgré un audacieux chantage au financement du paritarisme révélé la semaine dernière par le Canard enchaîné (lire l’Humanité du 2 janvier), malgré les efforts de François Fillon lui-même qui a reçu mardi François Chérèque et Jean-Claude Mailly afin d’évoquer les sujets d’actualité en général et l’accord sur l’assurance chômage en particulier, le projet d’accord UNEDIC réduisant les durées d’indemnisation d’un nombre non négligeable de chômeurs et octroyant au patronat sa précieuse baisse des cotisations gît au bord du gouffre, à un doigt du précipice. Alors que la CFDT, candidate déclarée à la signature mais à la condition de ne pas être seule, doit arrêter ce jeudi sa position officielle, la CGT a décidé, mardi, de ne pas ratifier cette « convention déséquilibrée » et, hier, le bureau confédéral de FO, réputée vouloir depuis plusieurs années revenir dans le « jeu contractuel », a adopté, « à l’unanimité », une attitude similaire. Pour Maurad Rabhi, chef de file de la délégation CGT dans ces négociations, « si la convention fait entrer un certain nombre de personnes dans l’indemnisation, elle va aussi provoquer le basculement de milliers de demandeurs d’emploi vers les minima sociaux ».
Dans son communiqué, FO considère qu’« il n’est pas admissible, qui plus est en pleine période de crise, de déshabiller Pierre pour habiller Paul ». La confédération syndicale dirigée par Jean-Claude Mailly pointe, derrière l’abaissement de six à quatre mois de la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir droit aux allocations, des « dispositifs nouveaux fortement réducteurs de droits » : « des dizaines de milliers de chômeurs de l’actuelle filière 3 (23 mois d’indemnisation pour 16 mois de cotisations) ou de plus de cinquante ans risquent de voir leur durée d’indemnisation fortement réduite dans un contexte de chômage croissant » ; « il n’y a pas de revalorisation des allocations » ; « les jeunes de moins de vingt-cinq ans ne bénéficieront pas d’une prime forfaitaire comme cela devait être le cas » ; « il n’y a pas pour les salariés qui ont plusieurs employeurs de prise en compte de toutes les périodes d’affiliation » ; et enfin « il n’y a pas de système de cotisation tenant compte du taux de précarité ». Plus grave encore aux yeux de FO : « Dans le contexte de crise économique et sociale aiguë qui se traduit par une augmentation du chômage et de la durée de chômage, il est inacceptable de prévoir de manière quasi automatique une baisse des cotisations. »
Thomas LEMAHIEU dans l'Humanité du 8 décembre 2009
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