En 2009, les chômeurs pointeront à Pôle emploi
Chômage : Le gouvernement a annoncé le nom de l’organisme qui remplacera l’ANPE et l’ASSEDIC. Une fusion qui inquiète les agents concernés.
Imaginez que pour lutter contre la pauvreté, on annonce la fusion des Restos du coeur et du Secours populaire. C’est à peu près ce que fait le gouvernement sur le front du chômage. Alors que Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, reconnaît que « l’on va traverser une période difficile en matière d’emploi », et que le nombre de chômeurs a déjà augmenté de 41 000 en août, le gouvernement présente la fusion ANPE-ASSEDIC comme outil principal en faveur de l’emploi. « La fusion, c’est motiver 45 000 personnes pour mettre tous les moyens en action au service de l’emploi. Car, contre le chômage, contrairement à ce que certains ont dit, on n’a pas tout essayé », a ainsi martelé la ministre de l’Emploi, Christine Lagarde, hier, en confirmant l’information du Canard enchaîné : le futur organisme issu de la fusion, au 1er janvier prochain, s’appellera Pôle emploi. Bonne nouvelle, la trouvaille de cette appellation n’aurait coûté que 135 000 euros et non les 500 000 dénoncés par le Canard enchaîné. Les boîtes de com doivent trouver, ces prochains jours, un logo aux couleurs du drapeau national.
Alors que le chômeur d’aujourd’hui pointe à l’ANPE pour la recherche d’emploi, et aux ASSEDIC pour le versement éventuel d’une allocation, l’objectif est de mettre en place progressivement, dans l’année 2009, des guichets uniques, un entretien unique d’inscription, et un référent unique pour chaque demandeur d’emploi. Pour le gouvernement, cette simplification administrative est censée faire baisser le chômage par « accélération du retour à l’emploi » et par instauration à Pôle emploi d’une « culture du résultat ».
L’effet le plus à craindre pourrait plutôt être une forte déstabilisation du service public de l’emploi. Car, en quelques mois, la plupart des 23 000 agents ANPE et 14 000 agents ASSEDIC vont devoir changer de lieu de travail, de méthode, et apprendre un nouveau métier pour former un corps de 30 000 référents polyvalents. Les syndicats dénoncent des formations « trop courtes ». Hier, Laurent Wauquiez a confirmé, par exemple, que les agents ASSEDIC auraient droit à « trois à dix jours » de formation à l’accompagnement des chômeurs ! Voilà pour la qualité. Pour la quantité, le secrétaire d’État a écarté l’hypothèse d’un renforcement des effectifs : « Nous ne raisonnons pas en termes d’effectifs, mais d’efficacité. »
Fanny DOUMAYROU dans l'Humanité du 17 octobre 2008
Imaginez que pour lutter contre la pauvreté, on annonce la fusion des Restos du coeur et du Secours populaire. C’est à peu près ce que fait le gouvernement sur le front du chômage. Alors que Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, reconnaît que « l’on va traverser une période difficile en matière d’emploi », et que le nombre de chômeurs a déjà augmenté de 41 000 en août, le gouvernement présente la fusion ANPE-ASSEDIC comme outil principal en faveur de l’emploi. « La fusion, c’est motiver 45 000 personnes pour mettre tous les moyens en action au service de l’emploi. Car, contre le chômage, contrairement à ce que certains ont dit, on n’a pas tout essayé », a ainsi martelé la ministre de l’Emploi, Christine Lagarde, hier, en confirmant l’information du Canard enchaîné : le futur organisme issu de la fusion, au 1er janvier prochain, s’appellera Pôle emploi. Bonne nouvelle, la trouvaille de cette appellation n’aurait coûté que 135 000 euros et non les 500 000 dénoncés par le Canard enchaîné. Les boîtes de com doivent trouver, ces prochains jours, un logo aux couleurs du drapeau national.
Alors que le chômeur d’aujourd’hui pointe à l’ANPE pour la recherche d’emploi, et aux ASSEDIC pour le versement éventuel d’une allocation, l’objectif est de mettre en place progressivement, dans l’année 2009, des guichets uniques, un entretien unique d’inscription, et un référent unique pour chaque demandeur d’emploi. Pour le gouvernement, cette simplification administrative est censée faire baisser le chômage par « accélération du retour à l’emploi » et par instauration à Pôle emploi d’une « culture du résultat ».
L’effet le plus à craindre pourrait plutôt être une forte déstabilisation du service public de l’emploi. Car, en quelques mois, la plupart des 23 000 agents ANPE et 14 000 agents ASSEDIC vont devoir changer de lieu de travail, de méthode, et apprendre un nouveau métier pour former un corps de 30 000 référents polyvalents. Les syndicats dénoncent des formations « trop courtes ». Hier, Laurent Wauquiez a confirmé, par exemple, que les agents ASSEDIC auraient droit à « trois à dix jours » de formation à l’accompagnement des chômeurs ! Voilà pour la qualité. Pour la quantité, le secrétaire d’État a écarté l’hypothèse d’un renforcement des effectifs : « Nous ne raisonnons pas en termes d’effectifs, mais d’efficacité. »
Fanny DOUMAYROU dans l'Humanité du 17 octobre 2008
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